L’enfant qui faisait la loutre

J’ai toujours su que je voulais mettre mon bébé en contact avec l’eau assez tôt; personnellement, je n’ai appris qu’à 15 ans, l’argument de ma mère étant qu’on n’habitait pas au bord de la mer et donc on n’en avait pas besoin.

Mouais.

Moi, je vois plutôt ça comme une compétence de vie, environ à égalité avec savoir lacer ses chaussures et lire un plan de métro. Bref. Initialement, je visais débuter les cours de bébé-nageur autour de 6 mois; il y avait une session qui commençait quand il avait 5 mois, mais c’était l’hiver, et je n’étais pas tout à fait prête à faire face aux déshabillages et rhabillages du bébé et de moi-même alors qu’il fait froid et qu’on porte chacun 5 couches de vêtements. Donc c’est au printemps, à 8 mois, qu’on a débuté les cours.

Ceux-ci ne visent pas initialement à apprendre à nager; il s’agit de les initier au contact avec l’eau et d’entretenir leur réflexe d’apnée (aussi appelée réflexe natatoire) qui consiste à fermer la glotte pour empêcher l’eau de pénétrer dans la trachée. Si le bébé avale de l’eau, celle-ci se dirigera donc vers l’estomac. On fait des petits jeux avec des comptines et on apprend à immerger nos bébés. La méthode varie selon les cours; certains consistent à souffler sur le visage du bébé avant de lui plonger la tête sous l’eau. Par contre, la prof avec qui j’ai pris les cours était contre cette méthode, car le bébé devient dépendant, justement, du souffle sur le visage. Elle, sa méthode, c’est d’asseoir le bébé au bord de la piscine et de le faire plonger tête la première; la sensation de tomber, associée ensuite au fait que le visage touche l’eau, déclenche le réflexe -et ressemble plus à une vraie situation de vie.

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Plus tard, on plonge aussi le bébé alors qu’il est assis sur un tapis au milieu de la piscine; on l’incite à plonger de lui-même dans l’eau, tête la première ou même par en arrière. On apprend aussi à le lâcher dans l’eau, et à le laisser remonter par lui-même; au début on est un peu impressionnés, puis finalement on se rend compte que c’est plus difficile pour le parent que pour l’enfant ! Au dernier cours que j’ai pris (on refait une pause cet hiver) je lâchais mon bonhomme de 2 ans environ 5 secondes avant de le prendre sous les bras et de le remonter complètement à la surface (il remonte juste assez pour que le haut de sa tête frôle l’eau).

Mon bébé a adoré sa première session, c’était d’ailleurs le bébé le plus enthousiaste du groupe; il riait beaucoup et aimait éclabousser. Du coup, la prof le prenait beaucoup en exemple pour expliquer les exercices aux autres parents.

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Par contre, il y a un truc qu’il a toujours détesté, c’est d’être sur le dos. Les autres aussi, en général, ne trippaient pas bien gros là-dessus; mais à force de le faire quand même un peu toutes les semaines, la plupart s’y habituaient plus ou moins.

Pas le mien.

Il protestait vigoureusement et cherchait à se redresser; alors je ne pouvais tenter de le « désensibiliser » tout doucement, par exemple 5 secondes de plus à chaque semaine. J’ai donc continué les cours en le forçant un peu à faire les exercices sur le dos jusqu’à ce qu’il proteste trop, soit quelques secondes au maximum à chaque fois. Je trouvais ça super dommage, car pour quelqu’un qui ne sait pas nager, se laisser flotter sur le dos est la meilleure façon de ne pas se noyer en attendant les secours. (quoique je ne planifie aucunement de laisser mon enfant près de l’eau sans une surveillance étroite pour encore de nombreuses années)

Et ça, ça a continué jusqu’à ce qu’il découvre la position de la loutre.

En fait, tout a commencé avec un livre pour le bain, que j’avais acheté par hasard à une vente de garage dans une ruelle. Il l’a bien aimé; il me montrait les différents animaux et les nommait, fier de lui.

Et puis un jour, il s’est couché sur le dos dans le bain (on met environ 1/2 pied d’eau) et a dit « loutre ».

Alors je vous la présente, cette chère loutre :

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Depuis, si je mentionne la loutre, c’est plus facile de le mettre sur le dos à la piscine; il n’aime quand même pas trop, car son dos repose sur mes mains et non sur le fond, ferme, d’une baignoire. Il a donc moins de contrôle que dans le bain, et je comprends que cela reste une source de stress, ce qui l’empêche de s’abandonner complètement ni bien longtemps. Mais il y décèle un semblant de dimension ludique là où, auparavant, il n’y avait qu’inconfort et même parfois panique.

Le livre de bain a réussi quelque chose que les livres en général permettent d’atteindre : sensibiliser l’enfant à tout un tas de choses qu’ils vont ou sont en train de vivre, normaliser des situations stressantes, proposer des façons d’y faire face. On conseille souvent de passer par les livres pour expliquer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, par exemple. Un des livres préférés de mon bonhomme est un qui met en scène un bébé qui pleure tandis que sa maman met en oeuvre successivement différentes solutions pour identifier son besoin (tu veux ton doudou ? ta suce? ta couche est sale?)

Pour conclure, gâtez-vous avec cette vidéo de loutre trop craquante :

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