Mon approche de l’éducation: la parentalité bienveillante

J’identifie mon approche de la parentalité comme s’apparentant aux mouvements de « parentalité bienveillante » ou « discipline positive ».

Avant même de tenter de vous définir ce que c’est -ou ce que c’est à mes yeux- on va mettre quelque chose au clair : tous ceux qui, comme moi, s’identifient plus ou moins à la même approche ne sont pas en train d’accuser les autres parents d’être négatifs ou malveillants.

Disons peut-être qu’on n’a pas jugé ça utile d’inventer un nouveau mot; Tracy Cassels, du site « Evolutionary parenting« , a choisi de nommer son approche autrement, pour mettre en avant le fait que c’est la science qui la guide dans ses choix.

Et, en effet, la parentalité bienveillante s’inspire des recherches en sciences cognitives et neurosciences, et découle également des principes de communication non-violente (CNV pour les intimes), appliqués à des enfants. S’il n’existe pas au Québec de figure forte qui prône ce type d’approche, les ouvrages d’Isabelle Filliozat en particulier sont une excellente introduction à cette approche , de même que Catherine Gueguen ou encore Catherine Dumonteil-Kremer.

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Pour rentrer un peu plus dans une définition, pour moi la parentalité bienveillante consiste en un concept dont le respect est central. Je parle de respect dans son sens le plus général, à plusieurs niveaux, c’est-à-dire le respect des besoins et des limites de chacun, soit les 2 parents et le (les) enfant(s), tant physiques que psychologiques, sans jamais perdre de vue les capacités de chacun. Par exemple, on ne va pas demander à un enfant de 2 ans de ne pas faire de crise au supermarché parce que ça nous gêne; dans ce cas-ci, notre limite est aberrante. La parentalité bienveillante préconise de connaître les différentes étapes du développement des capacités cognitives et émotionnelles de l’enfant, et de se questionner en cas de conflit entre nos besoins/valeurs en regard des capacités de l’enfant. On pourra par exemple se demander si ce n’est qu’une pression sociale, et pas un conflit dans nos valeurs, qui fait qu’on aimerait que notre enfant soit calme durant tout le voyage à l’épicerie. S’il s’agit d’un besoin de calme après une semaine chargée, différentes stratégies peuvent être utilisées, comme confier l’enfant à quelqu’un pour aller seul(e) au supermarché, ou s’assurer que l’enfant a bien dormi et vient de manger avant d’y aller, tout en favorisant un horaire où le lieu est peu occupé et donc moins stimulant pour l’enfant.

Avec cette approche, je me suis déjà fait accuser de trop protéger mon enfant; par exemple, si je dois absolument remplir mon frigo, pourquoi je laisserais mon enfant me limiter dans mes actions? C’est simple : je ne vais pas l’obliger à subir quelque chose qu’il ne peut pas gérer. Je ne lui apprendrai rien en l’emmenant à l’épicerie à l’heure de sa sieste, alors qu’il a refusé son repas, à une heure où l’endroit fourmille de gens pressés. Le stress qu’on va ainsi s’infliger tous les deux sera d’une inutilité incroyable et va gâcher le reste de la journée.

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Le Conseil de l’Europe s’est penché sur la question, et énonce les choses ainsi :

La parentalité positive renvoie à un comportement parental qui respecte l’intérêt supérieur de l’enfant et ses droits, comme l’énonce la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant qui prend aussi en compte les besoins et les ressources des parents. Les parents qui agissent ainsi veillent au bien-être de l’enfant, favorisent son autonomie, le guident et le reconnaissent comme un individu à part entière. La parentalité positive n’est pas une parentalité permissive : elle fixe les limites dont l’enfant a besoin, de manière à l’aider à s’épanouir pleinement. La parentalité positive respecte les droits de l’enfant et favorise l’éducation dans un milieu non violent.
Le concept de parentalité positive se fonde sur la série de principes fondamentaux suivants.  Les parents devraient apporter à leurs enfants :

•  une éducation affective –en répondant à leur besoin d’amour, d’affection et de sécurité;

•  des structures et des orientations –en leur donnant un sentiment de sécurité, en instaurant des règles de vie et en fixant les limites voulues;

•  une reconnaissance –en les écoutant et en les appréciant en tant qu’individus à part entière;

•  une autonomisation –permettant de renforcer chez eux le sentiment de compétence et de contrôle personnel;

• une éducation non violente –excluant tout châtiment corporel ou psychologiquement humiliant. Les châtiments corporels constituent en effet une violation du droit de l’enfant au regard de son intégrité physique et de sa dignité humaine.

En théorie, tous les parents sont d’accord avec cela (sauf exceptions indépendantes de leur bon vouloir, comme une maladie mentale). En pratique, c’est vraiment plus dur; comme je l’expliquais dans mon premier article, il est facile de se surprendre à avoir envie de crier, voire de taper un enfant, quand il n’adopte pas le comportement qu’on attend de lui. On peut avoir eu une journée « parfaite » : avoir été doux et affectueux en tout temps, leur avoir laissé la place d’exprimer leurs émotions (par exemple en laissant son petit pleurer parce qu’on lui a refusé du chocolat 1 heure avant le repas, sans le sermonner, mais en restant physiquement proche, et prêt à câliner si l’envie se fait sentir, et sans chercher à stopper prématurément cette expression d’émotion en le distrayant, par exemple en faisant des grimaces ou en lui proposant de regarder la télé); on peut avoir donné des opportunités à son enfant d’explorer son autonomie, en lui demandant de trouver lui-même où sont les pommes à l’épicerie, et le laissant les ranger à la maison….

ET quand même avoir une grosse crise au coucher.

Parce que le but de l’éducation bienveillante n’est pas d’avoir une vie paisible où tout le monde s’aime dans la douceur et le respect mutuel à chaque seconde; ça, c’est une vision utopique (où ne manquent que les licornes).

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L’éducation bienveillante ne représente pas une façon d’éduquer un enfant afin que tout se passe sans anicroche. C’est une façon de construire une relation solide et saine; une expression que j’ai entendue récemment et qui m’a enthousiasmée par sa justesse est: »la bienveillance n’est pas dans le moment ». Plus précisément, c’est aberrant de demander: « quelle est l’approche bienveillante dans tel type de situation? » (ex : mon enfant mord, je fais quoi ?) Parce que la bienveillance prône avant tout de nourrir la relation, de constituer un terreau fertile, d’amour et de confiance mutuelle qui va entraîner la coopération -les deux parties se sentant écoutées et respectées.

Malgré l’exemple plus haut du supermarché, cet article peut sembler un peu théorique (et magique). Au fil de mes articles, les différents principes qui animent ma parentalité seront peut-être plus clairs; au plaisir de vous faire partager mon cheminement et mes expériences…

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