Les colères des tout-petits, partie 1 : les causes

Ici au Québec, on appelle ça les « crises de bacon ».

L’expression a un côté vraiment drôle, pour sa justesse (l’enfant qui se se tortille à terre), mais le terme « crise » reste un peu condescendant à mes yeux. Je conçois par contre que cela peut aider le parent à se distancier et ainsi aborder la situation avec plus de calme -un élément indispensable dans un tel moment.

Toute intervention lors d’une colère d’enfant doit partir du principe que ce que vit l’enfant à ce moment-là est bien plus difficile que ce que le parent vit; devoir gérer une crise en public peut être stressant, voire même être vécu comme humiliant, mais c’est l’enfant qui doit être au centre des pensées du parent.

UN ENFANT EN CRISE EST UN ENFANT EN DÉTRESSE.

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Ce que je veux couvrir seulement ici, c’est les causes les plus fréquentes, et comment éviter ces colères – un autre article suivra sur comment répondre à ces colères une fois qu’elles sont là.

Une raison courante est tout simplement un besoin non répondu; il est donc possible d’en éviter leur nombre et leur fréquence en étant plus attentif à ces facteurs. Faim et fatigue sont des causes fréquentes des colères des tout-petits. Avoir toujours des collations sur soi, être attentifs à l’heure et à la qualité de son dernier repas et donc proposer un snack avant qu’il ne le demande, vont permettre d’éviter des crises liées au premier facteur; pour la fatigue, on pourrait éviter de faire une sortie autour de l’heure de la sieste, voire plus tôt si la nuit a été plus courte ou plus difficile, ou encore ne pas rester trop tard souper chez des amis si vous savez que votre enfant a de la difficulté à s’endormir ailleurs que dans son lit.

Une surstimulation peut aussi mener à une crise; pour l’éviter, on peut par exemple aller faire l’épicerie à des horaires où il y a moins de monde, ou écourter et diviser la visite (y aller deux fois par semaine plutôt qu’une, par exemple, ou laisser le/la conjoint(e) y aller parfois seul(e)); également, si on a d’abord permis à l’enfant de se défouler au parc, il pourra mieux gérer un environnement bruyant et coloré. Une technique recommandée également pour l’épicerie est de faire participer l’enfant; trouver ses biscuits préférés, choisir des pommes, etc. lui permettent de se concentrer sur des tâches précises et d’être moins sensible aux stimulis trop nombreux qui l’entourent.

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Un autre besoin peut être celui de connexion; si votre journée a commencé sur les chapeaux de roue, que vous êtes passés rapidement à travers le repas, l’habillage, etc. votre enfant pourrait réclamer subitement, au milieu du supermarché, votre attention et votre amour. Ménager des moments de temps de jeu totalement dédiés à votre enfant peut l’aider ensuite à vous suivre en toute confiance; si vous planifiez une grosse sortie, tentez de bloquer 10-20 minutes où la totalité de votre attention sera tournée vers votre enfant, où vous le laissez décider du jeu et de la façon de le jouer -ce qui peut impliquer qu’il désire juste que vous le regardiez, simplement sans jamais lire ni regarder votre téléphone.

Outre les besoins de base non répondus, un enfant peut se mettre en colère lors de transitions trop rapides. J’ai souvent vu des parents au parc dire subitement à leur enfant « on y va maintenant ! » Cela dit, même en prévenant « on y va dans 5 minutes » à un enfant de 3 ans, celui-ci a du mal à concevoir ce que ces mots signifient. Parler de le pousser encore 3 fois sur la balançoire, ou qu’il peut glisser encore 2 fois sur le toboggan, éventuellement en lui demandant de contribuer au décompte, l’aide à baliser ce qui s’en vient -il se peut même qu’il empoigne lui-même votre sac posé sur le banc, ou son manteau, pour rentrer fièrement à la maison. Plus visuel, le Time Timer (comme déjà vu dans mon article sur les consignes) peut être d’une grande aide pour certains enfants.

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Également, surtout en-dessous de 3 ans environ, un enfant a du mal à se faire comprendre, ce qui peut être la source de grandes frustrations. Certains parents utilisent la langue des signes pour les bébés, ce qui donne un outil additionnel pour se faire comprendre. Ce ne sera pas forcément suffisant, et n’évitera pas les frustrations liées, par exemple, au fait que vous allez lui refuser un biscuit au chocolat juste avant le dîner, mais cela peut apaiser certaines tensions.

Les décharges émotionnelles, bien qu’elles puissent arriver en tout temps, sont typiquement des crises au retour de la garderie, après que l’enfant ait dû se plier à toutes sortes de contraintes et de règles au cours de la journée. Il décharge ainsi le stress accumulé auprès d’une personne de confiance à la fin de la journée; si elles sont occasionnelles, ce type de crise n’est pas un problème et doit juste être accueilli avec bienveillance. Par contre, en cas de récurrence, il faudrait voir avec les éducatrices comment adoucir la journée de l’enfant (mieux planifier les transitions, permettre aux enfants d’avoir plus de périodes de jeu libre et de défoulement physique). En cas d’impossibilité, la solution extrême sera de changer de garderie.

Dans son livre « J’ai tout essayé! », Isabelle Filliozat résume ainsi les types de colères :

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Ce que je comprends de l’avant-dernier point, et que je vis occasionnellement avec mon petit de 3 ans, c’est par exemple les luttes de pouvoir. Dès qu’on monte un peu le ton suite à une consigne qui n’est pas suivie, l’enfant se rebiffe et se fâche. Parler son enfant avec un manque de respect a ses conséquences !!

Cela dit, tous ces conseils ne servent à rien lorsque la crise est là… à suivre sur ce blogue !

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