L’initiation à la lecture façon Montessori (partie 1)

J’ai longtemps eu une relation amour-haine avec le mot « Montessori » jusqu’à ce que je lise le livre de Céline Alvarez (dont je devrais vous parler prochainement d’ailleurs; j’ai adoré !) et que j’aie une illumination.

En fait, nombreuses ont été les personnes autour de moi qui parlaient de « jouets (ou jeux) Montessori » alors que Montessori, c’est avant tout une pédagogie, dont l’auteure elle-même estimait qu’elle n’était pas forcément parfaite et ne demandait qu’à être modifiée et améliorée au fur et à mesure des découvertes sur le développement de l’enfant. Elle-même d’ailleurs se basait sur des travaux précédents, et ne se voyait pas forcément « fondatrice » d’une méthode, tout comme Céline Alvarez ne se voit pas la créatrice d’une « méthode Alvarez ».

20170108_185447

J’ai eu le livre « longtemps » après sa parution en France, vu que moi je suis au Québec (ouais, au moins 3 ou 4 mois plus tard) Si j’avais hâte de le recevoir, c’est parce que je m’intéressais particulièrement au chapitre sur la lecture et l’écriture, vu que mon petit loup venait de changer de groupe à la garderie et semblait développer une passion pour les lettres. J’ai voulu compléter à la maison ce qu’on lui faisait faire là-bas, surtout vu qu’ils passent du temps à épeler des mots, alors que d’autres sources que j’avais consultées déconseillaient de commencer par ça.

J’ai alors acheté la pochette Montessori d’Adeline Charneau (je vous reparlerai de cette madame aussi), par paresse, car il est possible de créer le contenu soi-même facilement (ça prend juste du temps). Cette pochette contient des images colorées, ainsi que des lettres rugueuses en écriture cursive. Le choix de la cursive vient du fait que c’est votre écriture, la plus naturelle et celle avec laquelle on écrit le plus vite. L’initiation à la lecture débute en fait, pour les plus petits (l’âge conseillé est de 2 ans 1/2, suivant l’intérêt de l’enfant évidemment), avec des objets de votre maison. Il s’agit de prendre par exemple une petite voiture et de demander à l’enfant d’isoler le son qui débute, « v » en l’occurrence. Un élément-clé de la méthode est de parler uniquement en terme de son (« vvvvvvvvv » ici) et non de nom de la lettre (« vé »). L’étape suivante consiste à présenter un des dessins et à demander à l’enfant de faire la même chose.

Pour mon garçon qui avait déjà 3 ans 1/2 et qui connaissait certaines lettres, on a tout de suite sauté à l’étape où, après avoir cité le son (« tttttttttt » pour tomate), on lui présente la lettre rugueuse correspondante et on l’invite à la tracer. C’est là l’intérêt de l’aspect rugueux : le côté sensoriel aide à intégrer l’information. D’ailleurs, une fois où mon petit cherchait une lettre, il a fait semblant de la tracer par terre, puis a réussi à la retrouver parmi le tas de lettres étalées devant lui. Il s’agit d’ailleurs d’une étape plus loin : après avoir parlé de l’image, là c’est l’enfant qui trouve la lettre qu’on lui aura présenté quelques jours avant.

20170115_090619

Pour varier le jeu, on a aussi joué avec de vrais objets (une bouée et un feutre ci-dessus) et j’ai aussi imprimé des cartes supplémentaires afin de m’assurer qu’il travaille les sons eux-mêmes et non qu’il joue un simple jeu de mémoire. On a ensuite essayé de faire des mots, comme « tom » ou « ami », et là je me suis heurtée à un problème : comme il entendait souvent des mots épelés, pour lui « ami » se lisait « aèmi ». J’ai donc du expliquer qu’il y avait une différence entre le nom de la lettre et ce qu’elle dit. Ainsi, le H (« hache ») ne dit rien. Les lettres ont des couleurs qui facilitent légèrement la lecture, car celles en rose (les voyelles) ont le même nom que leur son. Personnellement, j’ai estimé ça moins amusant si je racontais ça à mon petit, donc s’il l’a compris lui-même, tant mieux.

On peut également inviter l’enfant à tracer les lettres dans du sable (ou ici de la polenta, parce que j’en avais sous la main). En effet, c’est bien plus facile pour eux de tracer ainsi plutôt qu’avec un crayon. Ci-dessous, c’est un « a », avec la jambe qui n’est pas tout à fait collée au corps de la lettre, mais qui est vraiment bien pour une première tentative !

Je rappelle que tout ceci doit être absolument ludique; disons que, sur 10 fois qu’on fait ce genre d’exercices, il y en a 9 où c’est mon garçon qui a déclaré « on joue aux lettres! » et 1 fois où j’ai proposé moi-même, tout en n’ayant aucun problème à ce qu’il refuse.

20170127_185630

Les lettres plus rares comme « k » et « y » sont rarement abordées chez nous pour l’instant; également, je trouve ça difficile d’expliquer que « c », « k » et « q » disent la même chose. Du coup, je les présente séparées de plusieurs lettres et non à la suite. Au fur et à mesure qu’il plongera dans la lecture, soit il absorbera de lui-même les cas où c’est l’une de ces lettres plutôt que l’autre, ou bien on en parlera ensemble dans des cas concrets.

Un conseil pour un apprentissage plus rapide et plus facile pour l’enfant est de présenter des lettres très différentes à la suite des autres; éviter « i » après le « j » ou encore « b » et « l » l’un après l’autre -sauf si l’enfant réclame les dessins correspondants.

Également, je lui écris tous les mots qu’il veut dès qu’il me le demande, en belle écriture cursive. Ce sont généralement les prénoms de ses camarades de garderie, mais aussi des mots comme « doudou » ou « camion ». Pour l’instant, il tente de lire basé uniquement sur sa mémoire, et confond « Vladimir » avec « Victoire » quand il veut relire car il n’a regardé que la première lettre. Je le reprends gentiment, de façon neutre.

20170129_082601

Comme cité plus haut, vous pouvez réaliser les lettres vous-mêmes pour un coût minime, avec un carton épais et du papier sablé (et pas mal de temps). Vous trouverez des indications ainsi qu’un fichier à télécharger sur Le coin Montessori par exemple. Pensez à inclure un trait (au blanc correcteur par exemple) sous les lettres pour guider l’enfant sur la façon de placer la lettre pour la lire (déjà présentes sur le kit que j’ai acheté); ça permet d’éviter de confondre « h » et « y » (faits vécus chez nous plusieurs fois !)

C’est pas mal là qu’on est en ce moment; je lui prépare d’autres matériaux pour aller un peu plus loin, que je présenterai une autre fois…

Advertisements

Une réflexion sur “L’initiation à la lecture façon Montessori (partie 1)

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s