Petit guide des crèmes solaires

L’été arrive !!! Et donc les journées radieuses, ensoleillées… durant lesquelles, pour la santé de notre peau, et surtout celle de nos petits, on va devoir recommencer à s’étaler de la crème sur chaque centimètre carré exposé.

La crème solaire permet de bloquer le rayonnement du soleil -tout, ou en partie. Celui-ci est assez complexe; en plus de comporter de la lumière, le soleil émet des ondes radio, des rayons cosmiques et des ultraviolets. Ça se complique encore, car il y a différents types d’UV. Les UV-C sont arrêtés par la couche d’ozone, mais les UV-B passent et sont ceux qui brûlent la peau et provoquent bronzage… ou coup de soleil. Une simple vitre peut les arrêter. Les UV-A, les plus méchants si j’ose, pénètrent profondément, peuvent causer des lésions cellulaires et des cancers. Idéalement, on va donc se protéger contre les 2 types.

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Au cœur de la composition d’une crème solaire, on peut retrouver deux types de filtres, qui peuvent être utilisés seuls ou en combinaison :

Les filtres minéraux sont constitués généralement d’oxyde de zinc et/ou de titane. L’avantage, c’est qu’ils offrent une barrière « mécanique » aux rayons du soleil : ils les empêchent de toucher la peau en créant un film souvent épais. Ils sont efficaces dès l’application mais sont souvent laborieux à appliquer, quoique dernièrement sont sorties de formulations où les particules sont plus fines et la crème plus fluide. Comme ils ne pénètrent pas à travers la peau, mais se déposent à la surface, ils ne sont pas allergisants, et sont donc conseillés pour les enfants. En raison de leur mode d’action (créer une barrière, une sorte de miroir anti-UV), ils repoussent autant les UV-A que les UV-B.

Les filtres chimiques sont très nombreux : vitamine A (ou palmitate de rétinyle), oxybenzone, benzophénone, Mexoryl, Tinosorb, etc… Eux, en gros, ils empêchent les rayons du soleil de réagir avec la peau car ils vont réagir en premier avec eux. Ils sont efficaces une fois que la peau les a bien absorbés, donc environ 20-30 minutes après l’application. Ils peuvent générer des réactions allergiques, quoique celles-ci peuvent aussi être dues aux parfums. Chacun réagit avec une longueur d’onde précise, et il faut donc les utiliser en combinaison pour couvrir à la fois les UV-A et les UV-B.

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On entend beaucoup parler de la toxicité des crèmes solaires, et il devient rapidement difficile de démêler le vrai du faux. Je n’ai pas pour but ici de vous parler en détail des ravages du soleil et du caractère indispensable d’utiliser une protection. Même si un jour, une fille m’a dit « ma cousine mettait des crèmes solaires, et elle a quand même eu un cancer de la peau, alors je pense que ce sont les crèmes qui provoquent le cancer »… l’auteure de ces mots avait 30 ans mais son décolleté était celui d’une femme de 90; la peau y était brune, tachetée et très relâchée. S’il a été établi que le soleil peut provoquer ou aggraver les cancers de la peau, il n’a jamais été dit que mettre de la crème solaire suffisait à s’en prémunir à coup sûr. Le cancer est une maladie complexe aux causes multiples et mal connues.

Les écrans minéraux ne posent aucun problème; certaines études auraient montré une toxicité lorsqu’on atteint une certaine quantité dans le sang, mais comme ces composés ne traversent pas la peau, à moins d’en manger des quantités énormes, vous et vos enfants devriez n’avoir aucun problème.

Côté écrans chimiques, la situation est plus complexes vu la nature des composés et aussi leur grande variété. Si on se fie aux publications de l’EWG (Environmental Working Group), les composés dont la toxicité a été démontrée sont au nombre de six : oxybenzone, avobenzone, octisalate, octocrylène, homosalate et octinoxate. On modère cependant ces résultats car certains sont obtenus à partir d’observations sur des poissons (= pas vraiment les mêmes mécanismes physiologiques que nous) ou des expériences in vitro (sur des mélanges de spermatozoïdes) soumis à des doses phénoménales de crème (il faudrait avaler tout votre flacon de crème, voire même plusieurs, pour reproduire les concentrations utilisées). Enfin, la vitamine A, bien qu’ayant des propriétés anti-âge, présenterait également des problèmes de toxicité lorsqu’elle est soumise aux UV.

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l’hiver aussi, on se protège du soleil !

Cela dit, un certain nombre d’écrans solaires chimiques présentent des toxicités faibles (on ne dit jamais « inexistantes », au cas où de nouvelles techniques d’analyse nous prouveraient dans 50 ans une toxicité à un niveau qu’on n’aurait pas envisagé). En particulier, le Mexoryl et le Tinosorb; personnellement, pour des raisons pratiques, j’ai d’ailleurs choisi d’aller en vacances avec une seule bouteille d’écran solaire pour mon petit et moi, à base de Mexoryl.

Pour les plus petits, cependant, on conseille de ne pas utiliser de crème solaire, quelle qu’elle soit, en-dessous de 6 mois -sauf avis médical. À vous donc d’en discuter avec un professionnel si vous allez au soleil et que vous craignez (avec raison à mon avis, mais je ne suis pas médecin) que la réverbération du soleil sur la mer ou le sable n’expose votre petit à de fortes doses d’UV, malgré des manches longues, chapeau, parasol, etc… L’idéal serait ne pas sortir aux heures les plus chaudes -certains recommandent entre 11h et 15h et d’autres même entre 10h et 16h… ce qui commence à être sérieusement restrictif, et pas forcément faisable tous les jours.

Un autre aspect important à discuter : la guerre des SPF (Sun Protection Factor). Je parle ici des compagnies qui vous font payer un bras pour une bouteille d’indice 100 alors que celle d’indice 30 coûte environ la moitié. D’abord il faut savoir que celui-ci ne permet de représenter qu’une efficacité de protection contre les UV-B -quoiqu’un indice élevé implique un minimum de protection contre les UV-A aussi, mais pas forcément suffisant. La façon dont le calcul est réalisé donne les résultats suivants :

  • une crème d’indice SPF 2 laisse passer 50 % des UV érythémateux (les UV qui font rougir la peau).
  • un indice de 30 en arrête 97 %.
  • un indice de 50 arrête 98 % des UV érythémateux.

Au final, personnellement, j’achète du SPF 30, à moins qu’une promotion ne rende le même produit en SPF 50 moins cher.

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Une fois qu’on a choisi sa crème avec son SPF vient un autre moment crucial : l’appliquer et aller au soleil.

Il ne faut pas oublier que l’utilisation de la crème ne dispense aucunement des autres mesures, comme de mettre des lunettes de soleil (pour protéger les yeux, si sensibles), un chapeau (pour éviter l’insolation -même chez les adultes), de favoriser des vêtements légers mais plus longs (chemises en lin, par exemple, et bermudas, plutôt que T-shirts sans manches et shorts); également, évitez de sortir aux heures les plus ensoleillées ou recherchez activement de l’ombre (arbre, parasol, etc.).

Ensuite, si votre crème comprend des écrans chimiques (tout ou en partie), appliquez-la avant de sortir, et non une fois sur place, car elle n’agit pas immédiatement. J’ai entendu parler de la méthode « je me fais bronzer un peu puis je mets ma crème »… méthode qui a généré pas mal de coups de soleil. Si t’es tout blanc, le fait de rougir ne va pas te protéger ! Il est vrai que les phénotypes foncés sont moins à risque, et brûlent plus lentement, mais le risque n’en vaut vraiment pas la chandelle. Si tu veux bronzer, prends une crème avec un faible indice, et réapplique souvent. Ça va bronzer tout doucement, trop lentement peut-être à ton goût, mais ça sera plus durable. Bref, METS TA CRÈME. (et d’abord, ce n’est plus à la mode, d’être bronzé)

Ne pas oublier de réappliquer après le premier des 2 événements : un bain ou deux heures après l’application précédente. Par paresse, il m’arrive de ne réappliquer que sur les zones « plus à risque », c’est-à-dire plus exposées à une exposition directe : nez, front, épaules, notamment, parfois aussi les pieds si on porte des sandales. J’ai aussi appliqué un écran chimique à mon petit alors que j’avais aussi sa crème minérale dans mon sac (crème un peu épaisse que j’aimais peu, voire que je redoutais). Les règles qui entourent l’application et l’utilisation des écrans solaires sont super contraignantes, il faut l’avouer. Mais bon, j’ai pas mal plus peur d’un cancer de la peau que de mains imprégnées de crème et qui collent, et d’un enfant qui se plaint.

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Également, si vos lèvres ont tendance à s’assécher, un baume spécial avec protection UV pourrait être intéressant. Par ailleurs, ne vous laissez pas tromper par un temps nuageux, de même qu’une journée d’hiver bien enneigée : si vous pensez passer un certain dehors, crémez-vous ou au minimum emportez une petite bouteille d’écran solaire. Les UV passent et se réverbèrent partout, et vous pourriez revenir de votre sortie avec le nez qui pèle et les pommettes rougies.

Aussi, on conseille d’éviter les écrans solaires en spray en raison des risques d’inhalation; je dois avouer que ce sont un peu des produits miracles -après 1 semaine à crémer un petit plusieurs fois par jour -ce dernier aimant assez moyennement l’exercice, et s’y prêtant uniquement sur l’insistance de sa maman- j’ai adoré tomber sur sur ça ! La vitesse d’application et de séchage, et l’effet sec final, sont complètement magiques ! À utiliser assez sporadiquement, donc, et peut-être juste pour les jambes (loin du nez et de la bouche) dans un endroit bien ventilé.

De retour aux écrans 100 % minéraux, on assiste à l’émergence de composition de crèmes de plus en plus fluides qui s’étalent bien. Mon choix, quand je ne crème pas mon petit au spray ou au Mexoryl -donc, la plupart du temps en fait-, est la crème Attitude. En plus y’a une tortue qui rigole en bouffant une crème glacée sur le tube, et ça sent bon la vanille.

En résumé, il est important de bien lire l’emballage afin de vérifier :

  • si les filtres sont minéraux, ou solaires, ou en combinaison. Ce n’est pas parce qu’il y a la mention « pour enfants » qu’un tube de crème ne contient forcément pas d’oxybenzone !
  • si la protection est à la fois contre les UV-A et les UV-B.
  • l’indice. Si une crème à indice 50 coûte 2 fois plus cher que la même marque et même composition à indice 30, prenez la seconde.
  • l’aspect waterproof peut être intéressant pour prolonger la protection lors d’un bain, mais n’empêche surtout pas de réappliquer de la crème une fois la peau bien séchée.

Passez un bel été !!

 

Quelques liens :

Santé Canadahttps://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/securite-soleil/conseils-securite-soleil-pour-parents.html

Préjugés à propos des crèmes solaireshttp://lepharmachien.com/creme-solaire/

Effets des UV sur la peauhttp://tpecremesolaireuv.e-monsite.com/pages/les-uv-et-la-peau/effets-des-uv-sur-la-peau.html

Les dangers de la vitamine Ahttp://www.ewg.org/sunscreen/report/the-problem-with-vitamin-a/

Article Wikipédia, assez complet sur les écrans solaireshttps://fr.wikipedia.org/wiki/Filtre_ultraviolet

Le rayonnement solaire et la peau : définitionshttp://biologiedelapeau.fr/spip.php?article67

La chimie des écrans solaires (en anglais)http://www.compoundchem.com/2014/06/05/sunscreenchemicals/

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