Cette nuit auprès de moi

Dans son lit, un petit garçon pleure.

Sa maman arrive. Il ouvre grand les bras : la maman sait qu’il réclame à être porté. Elle lui ouvre aussi grand les bras, ouvrant ainsi aussi son cœur pour lui. Elle l’emmène loin de ce lit qu’il n’aime plus cette nuit, et le pose dans le sien à elle.

Le visage apaisé, le garçon semble se rendormir immédiatement.

Elle le regarde et lui murmure : « je t’aime ! »

Le petit garçon a un joli sourire, doux-amer et irrésistible à la fois. Il l’a entendue. Puis il s’endort vraiment. La maman le contemple, avec son visage si calme, et même majestueux. C’est presque difficile de croire que cette merveille est sa propre création… Après l’avoir longtemps regardé, à la lueur de la petite veilleuse en forme de hibou, la maman finit par se faire gagner par le sommeil…

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*****

J’ai longtemps cru que mon enfant était « difficile » en termes de sommeil. Je n’aurais pas dit qu’il n’était pas normal, mais il y avait quelque chose qui me gênait un peu sur le fait de faire encore du cododo à 2 ans et qu’une « bonne nuit » consistait en « seulement 2 réveils ».

Puis à force de lire des témoignages de mamans maternantes, c’est-à-dire de mamans qui respectent le rythme de leurs enfants, j’ai compris que les normes ou moyennes relativement aux étapes de développement de l’enfant côté sommeil étaient faussées, car la plupart des parents valorisent une indépendance totale dès le plus jeune âge. Quand un enfant de 3 mois peut dormir seul dans son lit pendant 12 heures sans se réveiller, apparemment ça démontrerait les compétences élevées de ses parents -en plus de n’étonner personne.

Moi je dis, si ça arrive naturellement, tant mieux pour les parents, ils peuvent ainsi avoir du temps autant pour eux-mêmes individuellement qu’en tant que couple. Cela dit, les réveils nocturnes sont normaux, que ce soit un nourrisson qui a besoin de manger (je pense qu’à  3 mois, on peut raisonnablement s’attendre à plusieurs réveils par nuit, leur estomac étant très petit) que les bambins dérangés par une couche mouillée, une bouche sèche, un cauchemar, un lit qui est trop chaud ou trop froid, des dents qui poussent, un bruit bizarre dehors… et j’en passe.

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On demande souvent aux nouveaux parents : « alors, il fait ses nuits? » Parfois dès la première semaine. Et ça continue jusqu’à ce qu’un jour on dise oui. Or d’une part, médicalement parlant, « faire ses nuits » équivaut à faire 5 heures d’affilée -et pas douze. Également, un enfant qui « fait ses nuits » peut ne les faire que quelques semaines et à nouveau avoir des réveils nocturnes (poussée de croissance, changement d’école, doudou perdu, envie de proximité, etc… ) Contrairement à d’autres étapes comme la marche ou la parole, il ne s’agit pas d’un but à atteindre, d’une preuve de maturité et de bon développement.

D’ailleurs, quand on me posait la question, je pouvais avoir deux attitudes suivant mon humeur et la personne que j’avais en face. L’une, je posais la question : « qu’est-ce que cela veut dire pour toi? » Bien souvent, cela équivalait à « aucun réveil ». Je prenais le temps d’éduquer la personne au fait que cela n’est pas forcément sain, donc pas réellement souhaitable. D’autres fois, je demandais « et toi, tu fais tes nuits? ». La personne en face avouait généralement que non. Aller à la toilette, boire un peu, ou juste se réveiller, se retourner et se rendormir : qui n’a jamais connu ça ? Donc, pourquoi un enfant, donc le cerveau est en construction, devrait-il avoir plus de compétences qu’un adulte ?

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En outre, on fait un truc vraiment pas cohérent… en tant qu’adultes, on dort à deux, on peut se câliner et se réchauffer… Mais les enfants devraient dormir seuls ! J’aimerais comprendre où est la logique. De nombreuses cultures pratiquent le lit familial, où parents et enfants dorment sur la même surface; et dans des milieux plus occidentaux, un enfant va souvent cesser le cododo quand il peut partager sa chambre avec un frère ou une sœur. Dormir ensemble, c’est vraiment chouette.

Et quand mon petit bonhomme bouge trop, on trouve un compromis, comme un matelas par terre pour lui : on est quand même « ensemble », dans la même chambre, tout le monde entend la respiration des autres, ce qui est très apaisant.

Bref, en matière de sommeil, au diable les « normes » occidentales. Une seule urgence : suivre ses instincts. Écouter son enfant, et s’écouter soi-même, en s’affranchissant des « il devrait dormir seul » ou des « il va prendre des mauvaises habitudes » (car non, il ne sera plus dans votre lit à 15 ans). Assumer qu’un enfant est une bouillotte confortable,  adorable et qui sent si bon… 😍

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